Nous sommes allées rendre visite à un vieil ami de la team GIK, Yves. 

Yves est un passionné de longues dates, propriétaire de certains bijoux plus que incroyables. Avant d’être un collectionneur plus qu‘agréable, c’est un homme avec un grand cœur. 

Un connaisseur de la culture rock (n’essayez même pas de le défier, vous avez perdu d’avance 😉 ).

Parmi ces bijoux, Yves est propriétaire d’un cafe racer (rare) depuis trente quatre ans.

Dans ce deuxième article, nous vous proposons une interview exclusive avec ce propriétaire d’une XLCR (c’est là que l’affaire devient des plus alléchante, n’est ce pas ?).

Comment as-tu “déniché” ton XLCR?

“Ce cafe racer je l’ai trouvé il y a presque 34 ans. Nous étions au bar (comme d’habitude) et à l’époque (où les téléphones n ‘étaient pas autant en vogue) il y avait une petite annonce dans le magazine Aix Hebdo. Nous le lisions d’ailleurs toutes les semaines. Grâce au magazine j’ai pu contacter le propriétaire. En partant du bar nous sommes directement descendus à Nice (dans l’heure qui suivait). Lorsque j’ai vu cette moto, évidemment, je savais déjà de quel type de bécane il s’agissait. Malgré que le modèle soit peu connu, même à l’époque, je n’ai pu que l’acheter.

Alors, cette moto a une histoire. Elle a appartenu pendant longtemps à Francis, qui tenait le magasin de Super Cycles Service de Nice. L’ancien propriétaire (décédé), le lui avait laissé.”

“Ce XLCR fait partie des trois milles bécanes fabriquées. C’est Willy Davidson qui l’avait à l’époque dessiné et créé en cachette de l’usine Harley Davidson dans le but de combler le manque de moto sportive chez Harley. C’était alors la reconnaissance en 78 des Kawasaki, des Honda, tout ça… donc Harley avait commercialisé cette moto dite “de sport”, tout en la commercialisant en temps que “Moto Harley la plus puissante” de la gamme. Certainement par manque de pot, elle était peut-être trop moderne pour l’époque. Il ne s’en est pas vendu plus. Il n’y en a eu que trente importées en Europe par l’Allemagne grâce à AMF. Alors elle est l’une des trentes motos importées en Europe, et vendue avec sa carte grise XSCR. A l’époque elle était rejetée de toutes les concessions (personne ne les voulait). Elles étaient même accessibles pour la somme de deux milles francs à l’époque. Comme elles ne se vendaient pas, Harley ne leur a pas envoyé les cartes grises (à AMF). Alors ces derniers (AMF) ont vendu un grand nombre de ses trente motos avec des cartes grises XLCH. Cette moto fait alors partie des rares à avoir sa carte grise d’origine !”

“Ça fait bien un bon moment que j’ai cette moto. Je l’ai toujours conservé dans son jus d’origine.

C’est une moto dont je n’ai jamais pu m’en séparer. J’ai eu plusieurs bécanes tels que des shovel en 1200, en 1340… puis la vie fait que parfois on a d’autres projets en tête. Alors je les ai vendu mais celle ci j’ai été même jusqu’à la confier à une amie qui habitait sur Nice, pendant plusieurs années, pour qu’elle la cache chez elle dans sa cave lors des moments où j’étais financièrement dans le besoin (afin de m’empêcher de la vendre). Donc ce cafe racer a connu plein de péripéties. Il fait d’ailleurs partie de ma vie ! En trente quatre ans, je la considère comme ma fille. Je la trouve intemporelle, magnifique. Il est vrai que maintenant avec l’engouement de la Harley, les collectionneurs et passionnés lui ont fait une place.”

Nous connaissons Yves pour son amour envers les voitures et les motos anciennes. Mais Yves c’est aussi un homme rempli de joie de vivre, et de péripéties ! En voici une plus que croustillante ;). 

Pourrais-tu nous raconter une de tes anecdotes les plus marquantes? (peut-être d’ailleurs en lien avec ce fameux XLCR?)

“Oh j’ai une anecdote qui me vient! Il y a quelques années j’habitais sur Cannes et j’avais un ami qui s’appelait Yves. Ce dernier était un préparateur Harley qui avait notamment fait Laura Eyes pour Johnny Hallyday.”

“En 94 il m’invite à son garage car il a reçu Arlen Ness, et son fils Cory. Je les avais alors reçu à la maison. Lorsque Arlen Ness a vu cette moto dans ma salle à manger, il voulait absolument désiré me l’acheter puisqu’il était en train de remonter un musée. Pour cela, il rachetait les chopper de ses clients (des années 60). Je me souviens, il disait toujours “c’est la seule moto Harley que je n’ai pas préparé mais que je trouve superbe. C’est pour ça que j’en veux absolument une!” 

Il a donc essayé de me l’acheter. A plusieurs reprises d’ailleurs. Une fois il m’a  même envoyé un copain à lui émissaire, afin de me l’acheter pour la ramener aux Etats-Unies. J’ai toujours refusé ses propositions. Et justement là récemment, suite au décès de Arlen Ness l’année dernière, j’ai vu un reportage sur lui dans lequel j’ai pu effectivement voir un cafe racer qu’il avait exposé dans son musée. C’était d’ailleurs un mec formidable. On avait gardé de bons rapports. Il m’avait invité à Miami. C’était un mec super qui avait une grande culture de diverses machines ( et pas que kustom).”